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Un blog de bordeaux.fr

[Retour] La fabrique du citoyen : Quand la mode se drape d’éthique

Dans le cadre du cycle de rencontres « La fabrique du citoyen » initié par la Bibliothèque de Bordeaux, la Maison écocitoyenne accueillait jeudi 13 avril une soirée d’échange autour des impacts positifs du commerce équitable dans le textile. Une occasion de revenir aux enjeux fondamentaux de la production à la consommation.

En lien avec l’exposition « J’ai rien à m’mettre !? », cette rencontre a permis de mettre en lumière des projets positifs et humanistes, grâce aux intervenants présents :

- Aziz Ahammout, de l’ONG Ressources Humaines Sans Frontières
- Malika Vignon, de l’Association pour le Commerce équitable en Aquitaine (ACESA) 
- Carole Girard, gérante de la boutique Koken à Bordeaux

 

18h30. Début de l’intervention sur un constat accablant : le travail forcé et le travail des enfants dans le monde. Aziz Ahammout, de Ressources Humaines Sans Frontières a présenté des chiffres marquants sur la production textile.

 

mode ethique.png

Comme le révèle par exemple une de leurs études sur la production de coton en Inde en 2007 :

  •  70 % des employés dans les champs de coton ont moins de 18 ans, avec une grande majorité de filles. 

  • 40 % d’entre eux ont moins de 14 ans et travaillent dans les champs 8 à 12 heures par jour.

  •  80 % des enfants employés dans les champs ne vont pas à l’école. 

Même si les données ne permettent pas de chiffrer avec exactitude le nombre d’enfants exploités, leur tâche est précise : ils sont pollinisateurs. Tel des abeilles, ils participent à la fécondation des plants de coton, en transportant le pollen vers les organes femelles des fleurs. Une tâche essentielle à la production du coton, qui demande un travail minutieux et précis.

Preuve que malgré les alertes de certaines ONG, l’industrie textile est encore directement mise en cause.
Alors, quel rôle à jouer pour les consomm’acteurs ? Se tourner vers des labels et des marques plus éthiques, plus responsables est un bon début…

19 h. Avec la projection d’un film sur des producteurs de coton du Sénégal labellisés Max Havelaar, les spectateurs ont pu saisir l’impact positif de la démarche du commerce équitable, la complexité de sa mise en œuvre, la part de bio occupée par le commerce équitable.

Malika Vignon, de l’ACESA a pu expliquer que le textile représentait seulement 3% des ventes du commerce équitable. Il y a donc une réelle nécessité à développer cette filière pour accroitre les retombées positives sur les populations locales. Quelques exemples montrés dans le film :

  •  émancipation de la femme
  • scolarisation des enfants
  • conditions de travail plus agréables
  • amélioration pour la santé (peu de pesticides)
  • démocratie participative

routes du coton équitable.PNG

[Voir le film]

 

19h30.  Deuxième projection, la genèse d’un projet de commerce équitable dans un village de Malaisie (Borneo). Une réflexion sur la revalorisation du travail artisanal, la rémunération, la transmission des traditions ancestrales et le respect de l’environnement.

Capturejpe.PNG

[Voir le film] 

Les témoignages du public ont enrichi l’échange : commerçants engagés, consommateurs, initiateurs de projets…

 

Zoom sur :

- La fondatrice de Mundao, marque bordelaise qui conçoit des sacs et accessoires de mode à partir de matériaux de récupération en accompagnant des projets sociaux sur tous les continents.

- L’initiateur de Nodova, marque de bijoux écologiques fabriqués à partir de matériaux naturels, certifiée Fair for life. Le projet d’un couple de Français qui a permis à 16 mères de famille de gagner un salaire digne et financer la scolarisation de 260 enfants dans un petit village d’Equateur.

- La créatrice de la marque Dykkeren, vêtements autour de l’univers de la plongée avec des matières biologiques et certifiées commerce équitable. A l’origine du projet, « l’envie de proposer une démarche humaine » avec un impact minimal sur l’environnement.

 

Et Carole Girard de conclure sur l’accessibilité de la mode éthique, aussi abordable que les vêtements de marque mais dont les impacts sur l’environnement sont moindres. Comme dans sa boutique où les marques représentées ont fondé leur identité autour du développement de projets solidaires et l’utilisation de matériaux écologiques et naturels.

Pour rester sur une note positive, une réaction de la salle : « consommer éthique, c’est faire des choix qui impactent la vie des gens, aussi loin soient-ils. C’est aussi respecter leurs droits quand certaines entreprises ne le font pas »

Selon Aziz Amhammout, les conditions de production textile s’améliorent progressivement et « les entreprises prennent des engagements pour respecter les droits fondamentaux ». En attendant, nous avons tous un rôle à jouer pour changer notre consommation dans ce sens.

Chaque action compte ! Avis aux consom’acteurs !

 

Retrouvez toutes les marques sur le carnet d’adresse de l’exposition « J’ai rien à m’mettre !? » 

Écrit par Camille Choplin Lien permanent | Commentaires (0)

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